Svalbard, l’aventure polaire #2 : en kayak au milieu des icebergs…

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Suite et fin de notre récit en terres polaires. Nous découvrons les trésors du Templefjord, au cœur de paysages glacés. Des journées ponctuées de randonnées, de navigation, et de rencontres avec la faune sauvage ! On vous raconte cette aventure incroyable que nous avons vécu en juillet 2018, une expédition en kayak à travers l’île du Spitzberg, à 1300 kilomètres du Pôle Nord…

 

 

 

 

 

Tout d’abord, il est important de situer le Svalbard sur une carte (car finalement, peu de personnes dans notre entourage connaissait cette destination… « le Sval-quoi?? »). Le Svalbard est un archipel de l’extrême nord, situé à mi chemin entre le cercle polaire arctique et le pôle Nord. Il fait partie de la Norvège, et l’île la plus grande de cet archipel se nomme le Spitzberg. Svalbard est le nom donné il y a longtemps par les Vikings, qui furent les premiers à fouler ces lieux, nom qui signifie littéralement « côtes froides » en vieil islandais. Véritable terre sauvage du grand nord, l’archipel était vierge de toute trace humaine… appartenant aux ours polaires et aux mammifères marins. Aujourd’hui, il y a une ville principale, Longyearbyen, mais peu de villages se sont développés sur l’île du Spitzberg. Les chiffres montrent que la population d’ours blancs est supérieure au nombre d’êtres humains !

Avides de territoires extrêmement sauvages, le Svalbard nous fascinait depuis toujours… Et nous rêvions de le découvrir en prenant le temps, en immersion dans cette nature brute, en itinérance sur des kayaks… Le seul problème, c’est qu’il est plutôt difficile d’explorer cette terre seul, en individuel. Pour tout déplacement hors de Longyearbyen, il est nécessaire de posséder une arme. Une simple précaution pour faire fuir l’ours, ou bien pour pouvoir se défendre en cas d’attaque. Bien que cet animal soit protégé (ce qui est une excellente chose), il n’en reste pas moins l’un des plus grands prédateurs sur la planète. Curieux, il peut s’approcher des humains et des camps, et se montrer agressif s’il a faim, ou encore s’il est surpris. C’est également compliqué de partir qu’à deux car il est nécessaire de faire une veille continue sur le camp. Cette aventure se vivra donc en groupe, et avec un guide !

Rapidement, nous avons repéré les circuits de l’agence Grand Nord Grand Large, qui est spécialisée dans les voyages polaires. Nous suivrons donc leur superbe itinéraire de 10 jours en autonomie au cœur de l’Isfjord, qui est situé dans la région centrale du Spitzberg. 10 jours en pleine nature sauvage, où l’on va se déplacer en kayak, randonner et passer nos nuits en bivouac. Une immersion totale !

 

 

 

Retrouvez la première partie du récit de notre séjour au Svalbard :

Récit de voyage au Svalbard

 

 

 

 

L’aventure polaire jour 5  |  Navigation avec les icebergs, jusqu’au glacier

 

5 jours que nous vivons en autonomie en pleine nature. 5 jours de découvertes de paysages somptueux et de rencontres uniquement animalières, l’être humain se fait rare par ici. Et l’aventure est loin d’être terminée…! C’est enfin aujourd’hui que nous allons réaliser un petit bout de rêve : se déplacer en kayak, au milieu des icebergs ! Avec notre groupe, nous nous équipons pour la journée, et quittons le camp, que nous allons retrouver le soir. Direction le glacier Tuna, qui nous fait de l’œil depuis quelques jours. Pour être honnête, nous attendions tous ce moment avec impatience, et ce jour là ce ne sont pas des adultes qui ont embarqué, mais des enfants comme le jour de Noël !

Très rapidement, nous nous retrouvons entourés d’une multitude de glaçons qui se sont détaché du glacier. On évolue paisiblement aux côtés des icebergs, qui fondent lentement en libérant l’air emprisonné dans la glace, ce qui libère un bruit « pétillant ». John, notre guide, nous raconte que nous respirons peut-être de l’air fossile !

 

Progresser dans les eaux arctiques, en écoutant le bruit de la glace qui fond et en sentant les icebergs taper le kayak

 

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Sublime Templefjord

 

 

Le Templefjord est traversé, après 6,5km de pagayage dans ce cadre polaire. Après une vérification des lieux par John (il repère toujours l’éventuelle présence d’ours, avant de nous faire aller à terre), nous accostons sur une petite plage. Nous allons faire la pause repas, pour ensuite aller randonner jusqu’au pied du glacier. On commence à être habitué à tout le processus des déplacements en kayak : otage des combinaisons étanche, des jupes et des bottes, et on se met en tenue plus confortable pour marcher. On sort ensuite les thermos d’eau chaude, et de quoi faire les repas. Chaque repas est préparé avant le séjour par John, et c’est une sacré organisation car il faut tout calculer ! Aujourd’hui, ce sera soupe / purée. Les repas du soir sont diversifiés, mais pour le midi, les jours pairs c’est soupe / purée et les jours impairs soupe / nouilles ! (spoiler : à la fin, on ne pouvait plus voir les sachets de purée en peinture, ha ha).

Manger son repas avec une telle vue c’est un vrai luxe. On observera les gros blocs de glace qui se détachent du glacier, et qui s’effondrent dans l’eau dans un gros grondement sourd.

 

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L’organisation des accostages

 

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Le beau mur de glace du Tunabreen

 

 

 

 

Les paysages qui nous entourent sont incroyables de beauté, de quoi ravir les amoureux de terres polaires que nous sommes… Les oiseaux font des cercles autour des falaises, brisant le silence du fjord. Le décor est très rocailleux, le sol est principalement fait de moraines, qui étaient précédemment recouvertes par les glaciers. Nous longeons le bord de la lagune en direction du glacier. On attrape les petits glaçons, cherchons des traces d’ours dans la terre humide, et guettons les phoques sur les icebergs. Les petits bonheurs d’une randonnée au Svalbard !

Le glacier est majestueux, contrasté par les variations de lumière, le soleil joue avec les nuages avant de disparaitre. Un phoque curieux vient à notre rencontre et monopolise l’attention durant un long moment. Son regard interrogatif en dit long : « mais qu’est-ce que cette brochette de gens qui me fixent, avec leur gros boitier noir dans la main ?! » .  Étant donné qu’il y a des phoques, la possibilité qu’il y ait un ours blanc est un peu plus élevée, car ces derniers se nourrissent des phoques. John nous raconte une anecdote qu’il a vécu un été. Lors d’un séjour, il avait aperçu un joli phoque non loin d’un glacier. Une semaine plus tard, il repasse avec un nouveau groupe, afin qu’ils puissent observer eux aussi le phoque. Pas de phoque. Une jeune fille va faire sa pause pipi et remarque une mare de sang non loin. Un ours était caché à quelques mètres, se nourrissant du phoque en question. Autant vous dire qu’après avoir entendu cette histoire, on ne s’est pas amusé à s’éloigner du groupe !

 

 

 

 

 

Sécheresse et traces de renard

 

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Nous voilà au plus près du glacier, nous pouvons presque le toucher du bout des doigts. Une partie de la glace est recouverte d’une terre foncée. L’enchainement de pics glacés est impressionnant, teintés d’un bleu ciel. Le pied de ce glacier marque le début d’un monstre de glace : l’une des plus grandes calotte polaire du Spitzberg. 60% de l’archipel du Svalbard est recouvert de glace, les glaciers font indéniablement partir des paysages de ces terres arctiques. Bien plus loin au nord, le pic de Newtontoppen surplombe la calotte, du haut de ses 1717 mètres. Il s’agit du point culminant du Spitzberg !

 

 

Les impressionnantes formations du glacier Tuna

 

On guette la glace qui s’effondre

 

Quelle belle maison pour ce phoque…!

 

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Il est temps de rejoindre nos embarcations, car nous allons continuer à nous rapprocher du glacier, sur l’eau ! Tout en silence, nous évoluons au milieu des blocs de glace, en évitant les plus gros, qui peuvent soudainement se retourner et risquer de nous faire chavirer. Nous tentons de ne pas trop nous éloigner les uns des autres, afin de pouvoir se regrouper pour affronter les vagues si un gros bloc se détache du glacier. C’est un moment magique que nous vivons, on ne peut s’empêcher de vivre ce moment présent avec intensité, jusqu’à quand les glaciers seront-ils là…?

Soudain, un phoque apparaît au milieu de ce dédale de glace. Il est allongé de tout son long sur un iceberg. Il s’agit d’un phoque barbu, qui est le plus gros que l’on puisse observer au Svalbard (on ne compte pas les morses, hein). Il peut mesurer jusqu’à 2m30 et peser jusqu’à 300kg…! On s’approche doucement et en silence, afin de ne pas l’effrayer. On s’échange des regards, en s’observant. Un beau moment où nous avons une fois de plus pris plaisir à admirer la faune sauvage du Svalbard. Habituellement et plus fréquemment, on peut également observer le phoque marbré, plus petit et plus commun. C’est donc une chance d’être tombé sur ce joli phoque barbu !

 

 

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Explorations glaciaires…

 

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John navigue sur les eaux limpides du lagon

 

 

 

 

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Le gros pépère qui nous observe. Le phoque barbu doit son nom à ses grandes moustaches !

 

♡ ♡ ♡

 

 

 

Nous quittons le glacier le cœur rempli de bonheur, à présent place à un moment pas très agréable : le long retour vers le camp, avec le vent de face ! On en a bien bavé, et c’est un peu exténué qu’on est arrivé au campement. La journée a été bien remplie et les muscles tirent, pas moins de 15km de kayak aujourd’hui ! Après s’être changé, on retrouve l’abri du tipi, qui est toujours un lieu de réconfort où on se sent bien, malgré qu’on ait les fesses posées sur des rondins de bois (ce qui est déjà le grand luxe 😉 ). Le froid et le vent sont de retour, et cette nuit, nous prenons les tours de garde les plus difficiles : ceux du milieu de la « nuit » !

C’est notre dernière nuit dans le fjord, il faut alors profiter une ultime fois de ce cadre fantastique.

 

 

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La tente mess, notre pièce commune, toujours aussi photogénique !

 

Ambiance lors du tour de garde, un moment de solitude pendant que le reste du groupe dort.

 

Le petit « kit » pour la nuit : jumelles, lance fusée, thermos, stock de café/chocolat/lait, ainsi que de la lecture !

 

Prendre des notes, seule dehors, en tête à tête avec le glacier

 

 

 

 

 

L’aventure polaire jour 6  |  En route pour le dernier camp

 

 

La journée d’aujourd’hui ne prévoit pas d’être aussi riche en découvertes que la veille : nous plions le camp tôt le matin, car une longue étape en kayak nous attend. Au programme 21,5 km à parcourir sur l’eau jusqu’au prochain lieu de bivouac ! Quelques icebergs nous accompagnent lorsque nous traversons le fjord, comme pour nous dire un au revoir nostalgique… Nous allons à la rencontre d’un voilier qui a jeté l’ancre dans le fjord cette nuit, son pavillon Français est fièrement élevé. L’occasion de passer quelques minutes de partage, entre navigateurs au style différent !

La sortie du Templefjord est marquée par une grande terrasse marine : une longue étendue plane de terre, qui s’est formée suite à la fonte des glaces. Dès la sortie du fjord, les conditions climatiques changent et nous prenons le vent de face, nous obligeant à forcer deux fois plus pour avancer. Après de longs moments de fatigue (et d’énervement, avouons… On vous a déjà dit que le kayak double était une façon improbable de tester son couple ?!), on finit par trouver notre rythme et nous avalons les kilomètres. Nous qui étions en queue de peloton, nous voilà devant le groupe ! C’est en fin d’après-midi que nous arrivons enfin dans la baie de Gipsvika, lieu du dernier bivouac.

 

 

 

 

C’est un groupe fatigué et surtout heureux d’en avoir terminé avec cette traversée qui accoste sur la plage. Les mains complètement fripées par l’humidité de l’eau de mer, nous montons le campement pour la dernière fois. Quelques minutes plus tard, nous avons de la visite (humaine!) pour la première fois : deux gardes côtes en zodiac viennent à notre rencontre. Ils vérifient que tout va bien, mais ils demandent également à notre guide de montrer les papiers des permis nécessaires pour avoir le droit d’établir un campement dans ces zones sauvages. Cela nous rappelle que l’organisation d’un tel voyage est loin d’être anodine. Ils nous informent de la non présence d’ours blanc dans le secteur, à notre grande déception…! Nous échangeons quelques mots, ce qui est l’occasion de réviser la bonne conduite à adapter dans la nature, et envers la faune sauvage.

 

« Leave no traces »

 

 

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Bivouac en face de la majestueuse montagne du Temple, sous un ciel dramatique

 

 

 

 

 

 

L’aventure polaire jour 7  |  Randonnées autour de Gipsvika

 

Camper sur les plages de la baie de Gipsvika est l’occasion de découvrir d’autres paysages, d’autres montagnes qui font la beauté des fjords du Svalbard. Gipsvika signifie « la baie du gypse », par rapport aux longues bandes blanches et horizontales de gypse dessinées sur les montagnes.

La vallée de Gipsdalen recèle des traces éparpillées d’une ancienne mine, le charbon était extrait au fond de cette vallée. Bien avant la mine, une autre activité humaine était exercée sur ces terres : la chasse. Quelques vieux pièges à renard, fabriqués en bois sont laissés en tant que vestiges du passé. Quelques jours plus tard, lors de notre visite du musée à Longyearbyen, nous apprendrons que la chasse a été la première raison de la venue de l’homme dans ces contrées éloignées et inexplorées, qui étaient jusque là épargnées… De nombreux massacres en masse, des trappeurs à la recherche de fourrures au prix d’or… Heureusement, aujourd’hui les espèces sont protégées et la chasse est régulée.

Nous suivons la vallée jusqu’à l’embouchure de la rivière qui descend du glacier, au loin. Les oies sauvages vivent en grand nombre ici, avec leurs petits ! Nous aurons aussi la chance d’observer une multitude de fossiles, enfermés dans la roche. Il s’agit visiblement de végétaux, de morceaux d’arbres, qui témoignent que le Spitzberg se trouvait bien plus au sud il y a (très) longtemps !

 

Le camp dans l’immensité du fjord

 

Lumières sur les monts et glaciers

 

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Observer la glace, repérer les animaux, chercher les cabanes…

 

 

Randonner sur les pierres fendues par le gel

 

La découverte de fossiles. D’ailleurs, si il y a des connaisseurs dans le coin, on souhaiterait bien savoir de quoi il s’agit  🙂

 

A la rencontre d’un bébé renne  ♡

 

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La pureté du grand nord

 

 

 

Nous revenons à nos tentes pour le pique-nique (jour de purée? nouilles? on ne sait plus !). Puis nous profitons de quelques rayons de soleil et d’une pause du vent pour faire du rangement et un bon gros nettoyage des kayaks. Demain matin, un bateau vient nous récupérer, et nous n’utiliserons plus ces embarcations donc on les met au propre !

Nous passons le reste de l’après-midi à explorer les environs, on se dirige cette fois-ci un peu plus à l’ouest en direction du Billefjord, que nous n’avions pas encore côtoyé. Au loin, l’enchaînement des glaciers qui longent l’Isfjord est sublime, il y en a au moins cinq qui se jettent dans la mer… Le soleil illumine l’eau, les lieux sont paisibles, c’est tout simplement mémorable.

 

 

Avancer dans les dédales de roches, à la recherche de l’extraordinaire…

 

 

 

 

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Depuis le début de notre expédition, nous les avons aperçu quasiment chaque jour, du plus loin… au plus près.  Les rennes sont peut-être les êtres vivants les plus communs au Svalbard. On s’interroge souvent sur la provenance des mammifères terrestres sur ces îles, tant cet archipel est loin de tout. Ils sont peu nombreux, et contrairement à la faune marine, ils ne représentent que 3 espèces : le renne, le renard arctique, et l’ours blanc (même si officiellement, l’ours blanc est un mammifère marin, oui oui !). On soupçonne l’arrivée des rennes au Svalbard par la banquise, depuis l’Eurasie. Ils mènent une vie plutôt paisible et n’ont aucun prédateur, si ce n’est l’homme ! Ils sont très peu chassés, et donc peu craintifs, car ils n’ont aucune raison d’avoir peur de nous.

Nous croisons un petit troupeau, avec plusieurs jeunes. Ils sont adorables et paraissent intrigués par la présence de notre groupe, malgré notre nombre. En pleine mue, leurs poils blancs virevoltent dans le vent. Ils sont extrêmement sensibles aux gestes brusques que l’on peut faire, tout semble nouveau pour eux. Pendant que les autres continuent la balade et passent du temps près d’une vieille cabane, Betty s’arme de patience et reste immobile durant un long moment, non loin d’un renne. Il se rapproche petit à petit, et, sous les yeux écarquillés de notre groupe, le renne arrive jusqu’aux pieds de Betty pour les sentir…

 

« Il se rapproche jusqu’à quelques centimètres de mon corps… Je reste statique, avec un grand sourire aux lèvres qui en dit long sur l’émotion ressentie à ce moment. Je pourrais tendre le bras pour caresser sa tête, mais je ne veux pas l’effrayer et lui donner une raison d’avoir peur de moi. Après avoir fait ma connaissance, il repart tranquillement rejoindre son troupeau… Un moment magique et le bonheur intense d’avoir réussi à gagner la confiance d’un animal sauvage… » 

 

 

 

 

Les petits chouchous  ♡

 

 

 

Face au Billefjord, au loin la montagne pointue de Pyramiden, prochaine étape du séjour

 

Plages recouvertes de bois flotté, et toundra

 

 

 

Ce soir, nous nous retrouvons autour d’un dernier repas dans le grand tipi bleu ciel. Un brin de nostalgie ne peut s’empêcher d’être ressenti ! Dernière nuit, derniers tours de garde. La nuit précédente, nos compères ont aperçu un renard polaire qui est passé au milieu des tentes, on croise les doigts pour l’apercevoir à notre tour…! Et la chance nous a souri, le petit animal a fini par se montrer. Il a tourné autour du tipi et sur la plage, sûrement à la recherche de restes de nourriture. Pas farouche, il est resté à quelques mètres seulement, en nous lançant des regards lorsqu’il entendait le déclenchement de l’appareil photo. Encore un beau moment gravé à jamais, cette journée fut riche en animaux. Il ne nous manque plus que l’ours à présent 😉

 

 

 

 

 

 

La vidéo qu’on a fait du petit renard, qui a eu un petit succès sur notre compte Instagram (et aussi sur notre page Facebook) :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’aventure polaire jour 8  | Retour à la civilisation

 

 

Réveil dynamique ce matin, il faut tout plier et ranger, car le bateau qui réalise l’excursion à Pyramiden depuis Longyearbyen va faire un détour pour venir nous chercher ! Ça sent la fin… L’heure de passage n’est pas très précise,  alors nous nous tenons prêts. Nous attendrons le bateau longtemps, au point de se demander si il ne nous a pas oublié ! Au pire, on a encore de quoi faire encore quelques repas… Le navire apparait enfin, et un zodiac s’approche. Nous chargeons les nombreux kilos de sacs, et attachons les kayaks. Il faudra deux trajets pour embarquer tout à bord, sous le regard amusé des autres touristes.

On débarque, littéralement trempés par les embruns qu’on a reçu dans le zodiac. Après tout ce temps passé sans presque voir personne, sans se doucher, et souvent en vivant dans les mêmes vêtements h24, on peut dire qu’il y a un monde entre nous et les personnes fraîchement venues de la ville 😉 Ils sont beaux, ils sont propres, en jean, et ne connaissent pas les mots lyophilisé ni matelas gonflable, ha ha. Moment de bonheur intense lorsqu’on s’assoit dans l’un des fauteuils moelleux du bateau, c’est fou comme on ré-apprend à apprécier les choses simples de notre quotidien !

Puis nous apprenons la raison de leur retard… Une ourse et son petit ont été aperçus sur l’une des plages entre ici et Longyearbyen, attirés par la carcasse d’une baleine échouée. Le bateau s’était arrêté un moment pour observer la scène. On était tellement, mais tellement déçus de savoir qu’on était passé à si peu ! Torturés par les scènes des gens qui se montraient leurs superbes clichés, on s’est consolé en pensant à nos renards, à nos rennes, et à notre navigation seuls au monde au milieu des icebergs et des phoques…

Oh que oui, même sans ours, cette aventure fut magique !

 

 

 

 

Le bateau continue d’évoluer en s’enfonçant dans le Billefjord, direction Pyramiden.

Pyramiden est une ancienne ville minière où était exploité le charbon, et qui appartenait aux Russes. Abandonnée précipitamment en 1998, elle représente aujourd’hui la ville fantôme la plus septentrionale du monde. La ville et la mine appartiennent toujours à une société russe, et on peut visiter et déambuler dans les rues désertes de cette ghost town de l’arctique extrême. Lorsqu’on arrive au quai, le premier sentiment est : « beurk, mais qu’est-ce que c’est moche ici…! ». Mais au fil de la visite, on découvre avec étonnement et curiosité l’histoire de ces lieux. Les habitants y vivaient presque en autonomie, en se faisant livrer rarement quelques produits de nécessité. A l’époque, ce n’était pas du tout évident. Contrairement aux autres villes minières du Svalbard (telles que Barentsburg, et Longyearbyen à ses débuts), Pyramiden a été construite pour accueillir également les familles des mineurs. On y découvre donc des bâtiments tels que la salle de sport, un théâtre, une piscine…

De nombreux objets ont été laissés sur place, il y règne une ambiance surréaliste. La vie peut sembler très rude ici, entre l’isolement et le climat compliqué, et pourtant, c’était une vraie chance pour les travailleurs de venir faire leur vie ici. C’était pour ces familles une façon de fuir la guerre, et il fallait être irréprochable afin de pouvoir être « sélectionné » et de venir travailler à Pyramiden.

 

 

Bienvenue à Pyramiden !

 

Nous sommes accueillis par un guide russe, et tout est écrit en cyrillique. Nous avons presque l’impression d’avoir changé de pays..!

 

En face, la vue sur le glacier Nordenskiöld 

 

Quelques objets abandonnés, le temps y est comme figé

 

La ville doit son nom à la montagne qui la domine, en forme de pyramide

 

Impressionnés par tous les bâtiments, construits dans le style russe. Pour se nourrir, une seule cantine. Les cuisines sont assez glauques, on pourrait presque être dans un film…

 

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La visite se termine à l’hôtel Tulpan (oui oui, il y a un hôtel ici, c’est fou !). On peut y acheter des poupées russes et envoyer ses cartes postales. Puis il est temps de reprendre le bateau et rentrer à Longyearbyen. Mais avant, un dernier au revoir aux glaciers, le bateau s’approche au plus près du Nordenskiöld. Un phoque se repose sur un glaçon au loin. Le ciel gris et ces paysages glacés teintés d’un bleu léger rappellent un peu cette incroyable croisière en Patagonie qu’avait vécu Betty il y a quelques temps…

 

 

Au plus près de la glace…

 

 

 

 

 

Nous retrouvons cette ville que nous connaissons plutôt bien à présent. Un retour en douceur à la civilisation, après cette aventure unique au pays de l’ours blanc. On appréciera la première douche, le premier repas avec « des vrais aliments », et la première nuit dans un lit douillet. De la fenêtre du hublot de l’avion, sous le soleil de minuit, nous lancerons un dernier regard sur ces terres rêvées. Au revoir Svalbard, au revoir Spitzberg, tu fus inouï.

 

 

 

 

 

 

Ce récit vous a plu ? Vous avez des questions à propos de ce voyage ? N’hésitez pas à nous laisser un petit mot en commentaire, juste en dessous !

 


 

La seconde partie de notre itinéraire au Svalbard, sur la carte :


 

Si vous rêvez du Grand Nord, le Spitzberg est fait pour vous ! Mettez cette idée de côté en épinglant cet article sur Pinterest :

 

 

 

A venir > l’article avec toutes les infos pratiques pour voyager au Svalbard : période, prix, agence, activités et équipements.

 

 

Un grand merci à l’agence Grand Nord Grand Large et à Visit Norway, qui nous ont soutenu lors de cette aventure polaire Et un coucou à nos partenaires d’aventure, grâce à qui l’ambiance fut extra : John, Sylviane, Serge, Damien, Sylvain, Yannick, Thomas, et Bruno !

12 commentaires pour “Svalbard, l’aventure polaire #2 : en kayak au milieu des icebergs…

  1. Sarah | Blue Ashes Travel

    J’avais adoré lire (et surtout découvrir les photos) de la première partie, et cette partie est encore plus belle, quelle chance d’avoir pu faire ces quelques rencontres avec la faune sauvage. L’idée de faire ce genre de voyage me trotte vraiment dans la tête maintenant ! J’aime beaucoup le côté écoresponsable du tour, est-ce que l’agence a des certifications de tourisme responsable ?

    1. Betty

      Merci beaucoup de nous avoir lu, ça nous touche 🙂
      Oui, c’est ce qu’on adoré dans ce voyage, se déplacer sans polluer et dans le respect de la nature… L’agence est certifiée « Agir pour un tourisme responsable » (c’est indiqué en bas de la page d’accueil de leur site web)
      N’hésite pas si tu as des questions 😉

  2. Chrys

    Les paysages sont époustouflant de beauté, et fallait bien autant de belles photos ! ❤ Je rêve de voir un phoque (j'en ai jamais vu te rends compte ?) et le renard est toujours aussi mignon ! Certaines images font aussi penser à l'Islande, c'est dingue ! En tout cas le voyage a bien du vous prendre aux tripes, on sent qu'il vous a marqué et il y a de quoi ! En tout cas merci pour ce joli voyage 🙂

    1. Guillaume

      Oui, les paysages du Svalbard sont incroyables 🙂 (le disque dur peut en témoigner).
      Jamais vu de phoque!? Ce n’est que partie remise, j’en suis sûr, on en voit même à Arcachon 😉
      Ça peut ressembler à l’Islande, mais avec 0 route et beaucoup beaucoup moins de monde…

  3. Dana

    Comme votre récit est beau ! Plein de douceurs et d’aventures ! Vos photos sont splendides et on en demanderait encore… Quelle belle expédition ça a du être. On a encore plus envie d’y aller maintenant !

    1. Guillaume

      Merci pour ce gentil message Dana!
      Si ça peut te rassurer, nous, ça nous a donné encore plus envie de grand nord, et de continuer à découvrir le Svalbard (au printemps par exemple)… 🙂

    1. Guillaume

      Une formidable expérience, on est bien d’accord avec toi.
      Pourquoi c’est pas tout le temps comme ça la vie? 😉

  4. Stef

    Quelle aventure, mais quelle aventure !! J’ai adoré le récit de ces 2 articles, ils m’ont fait rêver…le Svalbard est sur ma (longue) liste des spots photos ! Les photos justement sont vraiment magnifiques, vous m’avez donné envie de repartir pour le Grand Nord plus vite que prévu. En tous cas, je sais à qui m’adresser pour le Svalbard !!

    1. Guillaume

      C’est un vrai paradis pour les photographes, ça c’est sûr. D’ailleurs, à Longyearbyen, l’accessoire à la mode, c’est le reflex avec le télé sur l’épaule 🙂
      Le Grand Nord, c’est comme une drogue; nous aussi, on veut y retourner viiiite :'(

  5. Jolies Lueurs

    Salut à vous ! Le Svalbard, j’en rêve. Paysages polaires, grands espaces préservés de tout, faune sauvage et immensités majestueuses… Encore un peu plus de belles images dans mon esprit grâce à votre article, vos sublimes photos & le récit de vos aventures ! Merci pour ce bon moment !

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