Sur les traces de l’ours des Pyrénées

Parce que la conservation de l’ours dans les Pyrénées nous tient à cœur, nous sommes partis sur ses traces le temps d’une journée, afin d’en connaître un peu plus à son sujet. Qui est-il ? Comment l’observer et le préserver ? Avons-nous des chances de le rencontrer ? C’est avec toutes ces interrogations que nous sommes arrivés dans un petit village des Pyrénées, avant de partir en exploration dans la forêt, accompagnés des guides du Pays de l’Ours…. 


Quelques anecdotes sur les ours :

Aujourd’hui, il ne reste plus d’ours originaires des Pyrénées. Il sont réintroduits, en provenance de Slovénie.

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Tous les ours présents en Europe sont de la même espèce : l’ours des Pyrénées et l’ours Slovène ont le même régime alimentaire et le même comportement, ce sont des ours Bruns.

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Les ours vivent dans les montagnes en Espagne, Italie, Slovénie, Autriche, Croatie, Roumanie, Grèce, mais aussi en Scandinavie ou en Russie. Et bien sûr, en France !

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Il y a à ce jour 39 ours présents dans les Pyrénées, et peut-être plus lorsque les naissances de cette année seront enregistrées.

 

Le milieu de vie d’un ours : les grandes forêts dans les montagnes en basse altitude.

 

Pourquoi c’est important de conserver l’ours dans les Pyrénées

L’ours brun est présent dans les montagnes des Pyrénées depuis 250 000 ans, et fait partie intégrante de la biodiversité. Historiquement, c’est la chasse qui a causé la disparition des ours des Pyrénées, aujourd’hui protégés mais grandement menacés. Cannelle était la dernière ourse de souche pure des Pyrénées Françaises, et a été tuée par un chasseur en 2004.

Pour tenter de sauver l’espèce, des actions ont été menées afin d’augmenter le nombre d’ours : plusieurs lâchers ont été effectués en Haute-Garonne, dans les Hautes-Pyrénées et en Catalogne, ce qui a aidé à entretenir un petit nombre d’individus dans nos montagnes, mais c’est loin d’être suffisant pour que la population soit viable à long terme ! Pour favoriser et diversifier la reproduction, en 2016, la Catalogne a lâché Goiat, le dernier ours à avoir rejoint les Pyrénées.

L’ours est indissociable de l’identité pyrénéenne !

 

Le monument construit à l’endroit même où les premiers ours ont été réintroduits : c’est ici que Ziva, une femelle Slovène fut le premier ours lâché dans les Pyrénées, en 1996. D’autres ours ont été par la suite lâchés à cet endroit, dans les années qui ont suivies.

 

L’association Pays de l’Ours – Adet

Créée depuis maintenant 26 ans, l’association du Pays de l’Ours œuvre pour la conservation et la sensibilisation de l’ours dans les Pyrénées. Leur but est d’atteindre une population viable d’ours bruns et de promouvoir les activités respectueuses de l’environnement sur ce territoire. L’association regroupe aussi bien des élus que des particuliers, pour sauvegarder et apprendre à cohabiter avec cette espèce.

Même si ce n’est pas l’association qui a le dernier mot concernant les décisions sur les lâchers d’ours (c’est l’État qui décide), c’est elle qui est à l’origine des premières réintroductions d’ours dans les Pyrénées, et qui aujourd’hui communique les besoins nécessaires pour sauver l’espèce et informe le public à ce sujet.

Il est donc important de savoir que c’est sous la pression des associations et du soutien de la population, que l’État prend les décisions et se conforme ainsi aux lois françaises et européennes qui concernent la protection de la nature, et donc de l’ours !

 

Comment aider et participer à la sauvegarde de l’ours ?

L’ours des Pyrénées n’est pas encore sauvé et le combat n’est pas gagné : pour assurer durablement leur avenir, il faudrait lâcher encore 13 ours dans le Béarn, et 4 dans les Pyrénées centrales. C’est pourquoi il est important de soutenir l’association sous forme de don, et également sensibiliser cette cause autour de soi.

Adhérer et faire un don à l’association Pays de l’Ours- Adet : adhesion.paysdelours.com

Soutenir l’association Pays de l’Ours- Adet en achetant un produit : boutique.paysdelours.com

Si vous n’avez pas la possibilité de consacrer un budget à cette cause, il existe une autre façon de soutenir l’association, en utilisant le moteur de recherche Lilo, qui reverse de l’argent à l’association de votre choix, lorsque vous atteignez un certain nombre de recherches. C’est plutôt malin !

Site du Pays de l’Ours – Adet : paysdelours.com

 

Récit | Suivre les traces de l’ours, le temps d’une journée

7h00 du matin. Nous voilà arrivés dans le petit village de Melles, situé dans les montagnes de la Haute Garonne. Aujourd’hui nous allons vivre une expérience unique, nous partons sur les pas de l’ours…

Nous retrouvons trois personnes de l’association du Pays de l’Ours, dont Adrien, qui sera notre accompagnateur et notre guide durant cette journée ! C’est également accompagnés de trois autres personnes qui comme nous, sont fascinées par l’ours, que nous nous engageons sur les sentiers dans la forêt luxuriante.

Adrien, notre guide, nous fait suivre le chemin des ours…

En cette heure matinale, nous sommes plongés dans une ambiance paisible et nous surprenons quelques animaux.

« À droite, regardez le chevreuil ! »… « Oh, vous voyez le renard là bas à côté du sentier? »

Autant dire que là, ça y est, nous nous sentons déjà en totale immersion dans la nature, c’est indéniable, nous sommes bien chez eux, chez les animaux sauvages…

Nous faisons une pause et Adrien nous en apprend un peu plus sur l’ours et ses habitudes de vie, et nous apprenons même à reconnaître ses traces de pattes. Dès ce moment, nous scruterons le moindre centimètre de boue, en quête d’un signe de son passage.

Mais ce n’est pas tout, aujourd’hui nous n’allons pas qu’apprendre à mieux connaître le biotope de l’ours, nous allons aussi contribuer directement à son suivi scientifique ! Voilà comment nous avons appris à récolter les indices de sa présence en prélevant des poils sur les pièges, en récupérant les prises de vues des caméras d’observation installées dans la forêt, et en enregistrant les informations collectées.

Relevés des indices et enregistrement des données, nous sommes fiers d’avoir participé à l’étude et l’observation de l’ours !

Notre trouvaille du jour, un précieux poil d’ours, qui témoigne de son passage récent

Sur la chaîne des Pyrénées, il existe une quarantaine d’itinéraires sur lesquels ont été installés des « pièges » (caméra, à poils,…), afin de prélever les indices de présence et récolter un maximum d’informations sur les ours : naissances, génétique… C’est le travail du réseau « ours brun », coordonné par l’équipe ours de l’ONCFS. Donc, le temps d’une journée, nous avons enrichi nos connaissances et eu l’honneur de participer à ces relevés, et avons fait partie du réseau « ours brun » ! 🙂

 

Alors, avons nous vu l’ours ?

Il est important de préciser que cette sortie n’est aucunement destinée à traquer l’ours, mais à en apprendre plus sur lui et à savoir reconnaitre les indices de sa présence. Bien évidement, il n’est pas exclu de tomber sur un ours, mais ça reste une rencontre très rare car il a généralement tendance à fuir dès qu’il sent une trace humaine.

Chaque semaine, les caméras qui servent à l’observer sont relevées et « remises à zéro ». La plus belle surprise qu’il peut y avoir lors de cette sortie, est sûrement de découvrir en avant-première une photo ou une vidéo d’un ours, qui est passé juste là où vous vous trouvez, la semaine qui a précédé votre sortie. C’est le moment qui a été le plus excitant, lorsque notre guide Adrien met la carte mémoire dans la tablette, et qu’on découvre tous les animaux de la forêt qui sont passés pas là !

La semaine où nous avons effectué la sortie donc, il y a bien un ours qui était passé par là ! Notre poil prélevé en témoigne 😉

C’est donc grâce à ces caméras, relevées par l’ONCFS, que « le grand public » a régulièrement la chance de voir les ours des Pyrénées filmés. On ne résiste pas à partager avec vous ces quelques images qui ont été filmées ces derniers mois :

                         Source : ONCFS Équipe Ours / Réseau Ours brun

 

Cette journée a été très riche en informations, en émotions également ! Cette sortie est une véritable immersion dans la nature sauvage, à un tel point que ça nous a fait drôle de retrouver les habitations du village en fin de journée 😉 Nous avons appris énormément et tous nos sens ont été en éveil durant cette randonnée. Nous nous sommes sentis plus que jamais impliqués dans la sauvegarde de l’ours, et même de la nature en général. Bref, ce fut une expérience unique et une journée comme celle là ne laisse pas indifférent !

Sur la piste de l’ours des Pyrénées | Comment vivre cette journée exceptionnelle

Cette sortie est toute récente, elle a été mise en place cette année grâce à un partenariat entre l’association du pays de l’Ours et de Sej’Ours Nature. Durant une journée, c’est en randonnant dans la seule station de suivi scientifique de l’ours ouverte au public qu’on apprendra à rechercher et à collecter les indices de sa présence, les relevés de pièges photo et vidéo, et ainsi découvrir la biodiversité montagnarde.

Nous conseillons d’avoir une bonne forme physique lors de cette sortie, qui se déroule en montagne et majoritairement hors sentiers, avec de bonnes montées à travers la forêt (pour information, nous avions réalisé 12km de marche avec 650 mètres de dénivelé positif).

Site web et réservations : www.sejoursnature.com

Prix : 99,90€ par personne

 


Carte


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Un grand merci à l’association Pays de l’Ours Adet et à Sej’Ours Nature pour nous avoir permis de vivre cette journée inoubliable ! Cet article a été réalisé dans le cadre d’une collaboration et c’est avec toute notre intégrité et notre cœur que nous avons écrit ces quelques lignes, afin de participer à la sensibilisation au sujet de l’ours dans les Pyrénées.

 

14 commentaires pour “Sur les traces de l’ours des Pyrénées

  1. amarie

    Les images sont vraiment impressionnantes! Incroyable de voir un ours passer à l’endroit où nous nous promenons tranquillement. ils aiment visiblement bien se frotter contre les arbres 😀 pas étonnant la récolte de poils !

    1. Betty

      C’est vrai que ça fait quelque chose de s’imaginer l’ours à l’endroit où nous nous trouvons ! 🙂 Sur chaque piège à poils, un produit odorant (non nocif bien sûr) est appliqué sur les arbres et donne envie à l’ours de s’y frotter, ce qui explique leur engouement 😉

  2. Letizia

    Oh top cette expérience! C’est parfait pour en apprendre d’avantage sur ce plantigrade qui fait si peur et surtout pour aider à le préserver. Le sentiment d’être dans une forêt avec un ours doit quand même être quelque chose d’impressionnant. Vous vous promenez la même chose maintenant?

    1. Betty

      Être immergé dans son milieu de vie était une belle expérience ! Bien entendu, nous avions déjà connaissance de la présence des ours dans les Pyrénées, les chances d’en apercevoir sont tellement rares…! On se balade donc toujours aussi sereinement dans les forêts, ils ont tendance à rester loin des humains, et parfois on se dit que c’est c’est tant mieux 😉
      Nous en avions croisé en nous promenant dans les forêts de Sequoia en Californie, c’était vraiment impressionnant et on avoue que dans ces moments là, l’émotion est à son comble !

  3. Stephane Michaux

    j’avais fais une sortie de ce genre avec un accompagnateur de l’association Ferus en Ariege à Sentein; j’en garde un souvenir intense et très riche en information 🙂 le prix de la sortie était symbolique …j’ai fais aussi une sortie sur 3 jours avec un guide Espagnol dans le Parc Naturel de l’Alt Pirineu; le 1er soir, on nous avait emmené sur une crête où on avait observé au crepuscule des animaux sauvages; puis on etait allé sur des sentiers Ours; on avait vu des poils, des feces fraiches, une tanière…

    1. Guillaume

      Cette sortie avec un guide naturaliste (j’imagine), sur 3 jours en plus, doit effectivement être un moyen sans comparaison pour observer les animaux le plus aisément… Tu nous donne l’envie de tester ça une prochaine fois.

    1. Guillaume

      Salut Chrys,
      Oui, un petit budget, mais c’est un peu comme un don à cette association (sans la réduction d’impôt 😉 )
      On ne s’y est pas pris trop en avance, 15 jours je crois. La 1ère sortie prévue a été repoussée faute de participants; la 2nde fut la bonne, on a eu la confirmation 4 ou 5 jours avant…

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